Rainer-Maria Rilke

Der Panther La Panthère
Sein Blick ist vom Vorübergehn der Stäbe Ses yeux, qui toujours, voient les barreaux défiler
so müd geworden, daß er nichts mehr hält. Ne contiennent plus rien, tant de cela ils sont las.
Ihm ist, als ob es tausend Stäbe gäbe Pour elle, c’est comm’ si étaient barreaux par milliers,
und hinter tausend Stäben keine Welt. Rien que barreaux par milliers, sans monde au-delà.
Der weiche Gang geschmeidig starker Schritte, D’un pas feutré, sa démarche souple et puissante,
der sich im allerkleinsten Kreise dreht, Décrivant des cercles étroits elle tourne en rond,
ist wie ein Tanz von Kraft um eine Mitte, Une force dansant autour d’un centre où dormante
in der betäubt ein großer Wille steht. Se ferait voir une immens’ détermination.
Nur manchmal schiebt der Vorhang der Pupille De temps en temps seulement ses pupill’s en silence
sich lautlos auf. – Dann geht ein Bild hinein, Lèv’nt leur rideau. Alors vient percer une image,
geht durch der Glieder angespannte Stille – Ell’ vient percer de ses membres le calme intense,
und hört im Herzen auf zu sein. Et puis au fond de son cœur fait naufrage.
 Herbsttag Jour d’Automne
Herr: es ist Zeit. Der Sommer war sehr groß. Seigneur, il est temps. L’été a été très grand.
Leg deinen Schatten auf die Sonnenuhren, Etend ton ombre sur les cadrans solaires,
und auf den Fluren laß die Winde los. Et fait sur les prés verts souffler le vent.
Befiehl den letzten Früchten voll zu sein; Ordonne aux derniers fruits que pleins ils se fassent;
gieb ihnen noch zwei südlichere Tage, deux jours de sud encore accorde leur,
dränge sie zur Vollendung hin und jage pousse les à s’accomplir et les douceurs
die letzte Süße in den schweren Wein. qui seront les dernières, dans le vin lourd pouchasse.
Wer jetzt kein Haus hat, baut sich keines mehr. Celui qui n’a là de maison, n’en va plus bâtir.
Wer jetzt allein ist, wird es lange bleiben, Celui qui là est seul, va longtemps le rester,
wird wachen, lesen, lange Briefe schreiben va veiller, lire, écrire de longs courriers,
und wird in den Alleen hin und her et va dans la solitude aller et venir,
unruhig wandern, wenn die Blätter treiben. errant sans repos, quand vont les feuilles tomber.
Siehe, Engel Vois, les anges
Siehe, Engel fühlen durch den Raum Vois, les anges ressentent de par l’espace
ihre unaufhörlichen Gefühle. Leurs sentiments que n’entame le cours des heures.
Unsre Weißgluth wäre ihre Kühle. Notre feu le plus rouge ne leur serait que froideur.
Siehe, Engel glühen durch den Raum. Vois, les anges rougeoient à travers l’espace.
Während uns, die wirs nicht anders wissen, Pendant qu’à nous, qui rien d’autre n’en savons,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht, ceci se refuse, et cela est en vain révélé,
schreiten sie, von Zielen hingerissen, Eux filent, ravis de leur destination,
durch ihr ausgebildetes Gebiet. De par leur univers architecturé.
Starker, stiller Calme, fort,
Starker, stiller, an den Rand gestellter Posé sur les confins, calme, fort
Leuchter: oben wird die Nacht genau. Chandelier: là-haut devient distincte la nuit.
Wir ver-geben uns in unerhellter En hésitant nous prodiguons nos efforts
Zögerung an deinem Unterbau. Sans lumière à la base de ce qui te bâtit.
Unser ist: den Ausgang nicht zu wissen Notre sort: ne pas connaître la sortie
aus dem drinnen irrlichen Bezirk, De ce domaine où tout n’est que feux follets,
du erscheinst auf unsern Hindernissen Tu parais, par-dessus notre paralysie,
und beglühst sie wie ein Hochgebirg. Et tu l’embrases ainsi que d’un haut sommet.
Deine Lust ist über unserm Reiche, Au-dessus de notre empire est ton ravissement,
und wir fassen kaum den Niederschlag; Et à peine saisissons-nous cette giboulée;
wie die reine Nacht der Frühlingsgleiche Comme la nuit pure de l’équinoxe au printemps
stehst du teilend zwischen Tag und Tag. Tu te tiens, partageant entre journée et journée.
Wer vermöchte je dir einzuflößen Qui pourrait bien en toi instiller jamais
von der Mischung, die uns heimlich trübt? Ce mélange qui en secret vient nous troubler?
Du hast Herrlichkeit von allen Größen, De splendeurs de toutes grandeurs, toi, tu es fait,
und wir sind am Kleinlichsten geübt. Et nous sommes au plus petit habitués.
Wenn wir weinen, sind wir nichts als rührend, Nous ne sommes guère qu’émouvants quand nous sommes en pleurs,
wo wir anschaun sind wir höchstens wach; Nous sommes tout au plus évéillés quand nous regardons,
unser Lächeln ist nicht weit verführend, Notre sourire n’est pas vraiment séducteur,
und verführt es selbst, wer geht ihm nach? Et si même il séduit, qui s’y attarde donc?
Irgendeiner.       Engel, klag ich, klag ich? Chacun.     Ange, moi je me plains? Je me plains?
Doch wie wäre denn die Klage mein? Mais que serait-elle donc, ma plainte à moi?
Ach, ich schreie, mit zwei Hölzern schlag ich Ah, je crie, et j’entrechoque deux rondins
und ich meine nicht, gehört zu sein. Et il ne me semble pas qu’on entende ma voix.
Daß ich lärme, wird an dir nicht lauter, Que je fasse du bruit ne me rend pour toi plus audible,
wenn du mich nicht fühltest, weil ich bin. Quand tu ne me sens pas, alors que je suis.
Leuchte, leuchte! Mach mich angeschauter Luit! Luit! Fais que je sois plus visible
bei den Sternen. Denn ich schwinde hin. aux étoiles. Car je m’efface petit à petit.
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©2017 Claude Neuman - Traduction de poésies Allemandes et Anglaises

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